Du manuscrit au comité éditorial : ce qui se passe vraiment après « Envoyer »

Que devient un manuscrit après son envoi à une maison d’édition ? De la réception à la prélecture, des lectures successives au comité éditorial, L’Écart du Jour ouvre les coulisses de son processus de sélection et explique comment un texte est réellement examiné avant une décision de publication.

Envoyer un manuscrit à une maison d’édition ne prend que quelques minutes. Commence ensuite une partie beaucoup moins visible : enregistrement, vérification, prélecture, lectures successives, fiches éditoriales, discussions et, parfois, comité. Chez L’Écart du Jour, nous avons choisi de structurer ce parcours plutôt que de laisser les textes circuler entre boîtes mail, dossiers et notes éparses. Voici ce qui se passe réellement après l’envoi d’un manuscrit.

Mardi, 10 h 17. Un fichier arrive à la maison...

Quelques secondes plus tard, il porte une référence : LEJ-2026-000XXX. L’auteur ou l’autrice reçoit un accusé de réception. De son côté, il ou elle entre dans cette période étrange que connaissent bien celles et ceux qui envoient leurs textes aux maisons d’édition : l’attente.

Pour nous, au contraire, le travail commence.

Entre ce premier mail et une éventuelle proposition de publication, un manuscrit peut passer par plusieurs regards, plusieurs niveaux de lecture et plusieurs décisions.

Il ne suit pas nécessairement toutes ces étapes.

Et c’est précisément le principe.

Est-ce que vous lisez vraiment tous les manuscrits que vous recevez ?

Oui, mais le mot lire mérite d’être précisé.

Recevoir un manuscrit ne signifie pas qu’un éditeur commence immédiatement à la première page pour terminer trois cents pages plus tard avant de décider s’il souhaite poursuivre.

Ce serait non seulement irréaliste dès que le nombre d’envois augmente, mais probablement une mauvaise utilisation du temps éditorial.

Nous distinguons donc plusieurs niveaux de lecture.

Le premier consiste à vérifier que le texte peut effectivement être examiné par la maison : fichier exploitable, manuscrit suffisamment complet, langue, genre, volume, éléments transmis et, surtout, compatibilité générale avec notre ligne éditoriale.

Vient ensuite la prélecture.

Elle permet de répondre à une première question :

ce manuscrit justifie-t-il une lecture intégrale ?

« Tous les manuscrits sont examinés, mais tous ne font pas immédiatement l’objet du même niveau d’investissement éditorial. »

Claire Montfort

Ce n’est qu’après cette étape que certains textes sont confiés pour une lecture complète.

Autrement dit, tous les manuscrits sont examinés, mais tous ne font pas immédiatement l’objet du même niveau d’investissement éditorial.

Cette distinction nous paraît essentielle.

Le temps passé sur un texte qui possède un véritable potentiel doit pouvoir être un temps de lecture, de relecture et de réflexion — pas simplement le résultat d’une obligation consistant à parcourir mécaniquement chaque page de chaque fichier reçu.

Pourquoi attribuer une référence à chaque manuscrit ?

Parce qu’un titre et une adresse électronique ne suffisent pas.

Deux textes peuvent porter le même titre. Un auteur peut envoyer une nouvelle version. Une même personne peut soumettre plusieurs projets au fil des années. Un fichier peut revenir par un autre canal.

À son arrivée, chaque manuscrit accepté par notre système de réception reçoit donc une référence permanente de type :

LEJ-2026-000XXX

Cette référence accompagne le dossier pendant tout son parcours.

Elle permet de rattacher au même manuscrit ses fichiers, ses différentes versions, les lectures effectuées, les décisions prises et les communications envoyées.

Elle évite aussi qu’un texte devienne simplement « le roman de Mme X reçu fin août » dans une boîte mail contenant plusieurs milliers de messages.

Une maison d’édition travaille avec des livres.

Mais elle doit aussi savoir précisément où ils se trouvent.

Que vérifiez-vous avant même de commencer la prélecture ?

Cette première étape n’est pas encore un jugement littéraire.

Il s’agit d’abord de vérifier la recevabilité du dossier.

Le fichier peut-il être ouvert ? Le texte semble-t-il complet ? Correspond-il au type de manuscrits que nous publions ? Avons-nous les coordonnées nécessaires ? S’agit-il d’une nouvelle soumission ou, peut-être, d’un texte déjà reçu sous un autre nom de fichier ?

Il arrive qu’une même version soit envoyée deux fois, parfois à quelques minutes d’intervalle, parfois plusieurs jours plus tard, par formulaire puis par courrier électronique.

Notre objectif n’est évidemment pas d’attribuer deux parcours éditoriaux au même texte.

Nous cherchons donc à repérer ces situations tout en conservant les documents reçus et leur historique.

Un original n’est pas discrètement remplacé par une version plus récente : les différentes versions d’un projet doivent pouvoir être distinguées.

Ce principe devient particulièrement important lorsqu’un texte revient plusieurs mois plus tard après une demande de réécriture.

Qu’est-ce qu’une prélecture ?

La prélecture est probablement l’étape la moins visible pour les auteurs et l’une des plus importantes pour une maison.

Elle n’a pas pour but de décider si un roman mérite d’exister.

Elle doit déterminer s’il mérite, à ce stade, une lecture intégrale au sein de notre processus éditorial.

Le lecteur ou la lectrice examine notamment l’écriture, la voix, la maîtrise narrative, la construction qui se dessine, la singularité du projet et sa relation avec la ligne éditoriale de la maison.

Le début du texte est évidemment important.

Mais une prélecture sérieuse ne consiste pas nécessairement à lire mécaniquement vingt pages puis à s’arrêter à la vingtième.

Selon le projet, il peut être utile de consulter son synopsis, sa structure, certaines parties plus avancées ou sa fin.

L’objectif est de comprendre ce que le manuscrit cherche à faire et de déterminer si une lecture complète permettra réellement de l’évaluer.

À l’issue de cette étape, plusieurs décisions sont possibles :

un arrêt du parcours ;

une lecture intégrale ;

ou, dans certains cas, une discussion préalable lorsqu’un texte présente à la fois des qualités évidentes et des difficultés qui nécessitent un autre regard.

Vous pouvez donc refuser un manuscrit sans avoir lu toutes ses pages ?

Oui.

Et nous préférons le dire clairement.

Lire intégralement chaque manuscrit reçu ne constitue pas, à nos yeux, la seule définition possible du respect porté à un texte.

Si trente ou cinquante pages permettent déjà d’identifier une incompatibilité profonde avec notre catalogue, un problème structurel majeur ou un projet qui relève manifestement d’une autre maison, poursuivre artificiellement jusqu’à la dernière page ne rendrait pas la décision plus juste.

À l’inverse, lorsqu’une voix, une construction ou un projet retient réellement notre attention, le texte doit disposer du temps qu’il mérite.

Cela signifie parfois plusieurs lectures.

C’est cette concentration du temps éditorial sur les manuscrits qui franchissent successivement les premières étapes qui rend possible une véritable lecture approfondie.

Que se passe-t-il lorsqu’un manuscrit passe la prélecture ?

Il entre alors dans ce que nous appelons la lecture intégrale.

À ce stade, le regard change.

Il ne s’agit plus seulement de savoir si le texte mérite d’être poursuivi.

Il faut comprendre comment il fonctionne comme livre.

La lecture porte alors sur des éléments beaucoup plus nombreux : voix, style, structure, rythme, personnages, cohérence interne, temporalité, point de vue, progression narrative, singularité, nécessité du projet, maîtrise formelle, fin du texte, mais aussi ampleur éventuelle du travail éditorial.

Une fiche de lecture accompagne cette étape.

Nous utilisons des critères suffisamment structurés pour éviter qu’une décision repose seulement sur une impression telle que « j’ai aimé » ou « je n’ai pas accroché ».

Mais cette fiche n’est pas un algorithme.

Un roman n’est pas la somme de vingt cases correctement cochées.

Deux manuscrits présentant les mêmes fragilités techniques peuvent avoir une puissance littéraire radicalement différente.

Les critères servent donc à organiser le regard.

« Les critères servent à organiser le regard. Ils ne remplacent pas le regard. »

Claire Montfort

Ils ne remplacent pas le regard.

Est-ce que vous notez les manuscrits ?

Des outils d’évaluation chiffrés peuvent exister en interne pour aider à comparer certaines dimensions d’un texte ou à suivre les lectures.

Ils ne constituent jamais une décision éditoriale.

Nous ne considérons pas qu’un manuscrit à 81 points serait publiable tandis qu’un autre à 79 ne le serait pas.

La littérature ne fonctionne pas ainsi.

Ce qui nous intéresse davantage à la fin d’une lecture est la recommandation formulée par le lecteur ou la lectrice :

le texte doit-il s’arrêter ici ?

Mérite-t-il une deuxième lecture ?

Doit-il être porté à l’attention d’un éditeur ?

Y a-t-il quelque chose dans ce manuscrit qui justifie de continuer à le défendre malgré ses imperfections ?

C’est à cet endroit que commence véritablement la discussion éditoriale.

Pourquoi faire lire un manuscrit une deuxième fois ?

Parce qu’une première lecture répond rarement à toutes les questions.

Le premier lecteur peut essentiellement se demander :

ce manuscrit est-il suffisamment fort pour être envisagé ?

Le regard suivant est différent :

est-ce un livre que L’Écart du Jour devrait publier ?

La nuance est fondamentale.

Un manuscrit peut être très bon et ne pas avoir sa place dans notre catalogue.

Il peut également être imparfait, demander un travail considérable et néanmoins contenir quelque chose que nous estimons nécessaire de défendre.

La deuxième lecture permet aussi de ne pas faire reposer l’ensemble du processus sur une seule sensibilité.

Nous ne cherchons pas à éliminer la subjectivité — ce serait impossible et, en littérature, probablement absurde.

Nous cherchons plutôt à la confronter.

Un bon manuscrit peut donc être refusé ?

Évidemment.

C’est probablement l’une des réalités les plus difficiles à comprendre lorsque l’on se trouve du côté de l’auteur.

Un refus ne signifie pas nécessairement :

« ce manuscrit est mauvais ».

Il peut signifier :

ce livre n’appartient pas à notre ligne ;

nous ne savons pas comment le défendre correctement ;

un autre projet très proche se trouve déjà dans notre programme ;

le travail éditorial nécessaire serait disproportionné par rapport aux moyens disponibles ;

le texte possède des qualités, mais pas celles autour desquelles nous voulons construire notre catalogue ;

ou simplement : nous ne sommes pas la bonne maison pour ce livre.

Publier ne consiste pas à établir un classement universel des meilleurs manuscrits reçus.

« Publier ne consiste pas à établir un classement universel des meilleurs manuscrits reçus. Une maison construit un catalogue. »

Claire Montfort

Une maison construit un catalogue.

Chaque oui engage donc beaucoup plus qu’un jugement esthétique.

Qu’entendez-vous exactement par « ligne éditoriale » ?

Ce n’est pas une liste de thèmes autorisés.

Une ligne éditoriale ne signifie pas que nous souhaitons recevoir dix romans parlant des mêmes sujets ou écrits de la même manière.

Elle concerne davantage une conception de la littérature, du travail sur la langue, de la forme et du regard porté sur le réel.

Lorsque nous évaluons un texte, nous nous demandons donc non seulement s’il fonctionne, mais également ce que sa présence produirait à côté des autres livres de la maison.

Pourquoi celui-ci ?

Pourquoi chez nous ?

Pourquoi maintenant ?

Un manuscrit véritablement intéressant doit pouvoir commencer à répondre à ces questions.

Que se passe-t-il quand un lecteur veut défendre un texte ?

À partir d’un certain stade, le manuscrit cesse d’être simplement un dossier à évaluer.

Quelqu’un doit être prêt à le défendre.

Cela signifie être capable d’expliquer aux autres ce que le texte possède, où se trouve sa nécessité, ce qui devra peut-être être retravaillé et pourquoi la maison devrait investir plusieurs mois — parfois beaucoup plus — dans sa publication.

Une fiche ne suffit plus.

Il faut pouvoir formuler une vision éditoriale du livre.

Quelle est sa force ?

Quelle est sa fragilité ?

Que perdrait-on en cherchant à « corriger » ce qui fait précisément sa singularité ?

Et, à l’inverse, quelles transformations permettraient au texte d’aller réellement plus loin ?

C’est souvent ici que l’on commence à passer de la lecture d’un manuscrit à l’imagination d’un livre.

À quoi sert le comité éditorial ?

Le terme peut faire imaginer une grande salle, une longue table et une dizaine de personnes votant solennellement sur des piles de manuscrits.

La réalité est généralement moins théâtrale.

Dans une petite maison indépendante, un comité peut réunir un nombre très réduit de personnes.

Ce qui importe n’est pas sa taille mais sa fonction : mettre en discussion les projets arrivés assez loin pour qu’une décision engage réellement la maison.

Le manuscrit n’y arrive donc pas seul.

Il arrive avec son historique de lecture, les réserves déjà formulées, les arguments de la personne qui le défend et les questions éditoriales qui restent ouvertes.

Le comité peut aboutir à plusieurs résultats.

Un refus.

Une nouvelle lecture.

Une demande de retravail.

Une prise de contact avec l’auteur.

Ou une volonté d’aller vers une proposition de publication.

Le parcours n’est donc pas toujours une succession simple de cases vertes allant mécaniquement jusqu’au contrat.

Il peut comporter des retours, des hésitations et des réévaluations.

C’est normal.

Pourquoi faut-il parfois plusieurs mois pour recevoir une réponse ?

Parce que le temps d’une maison d’édition n’est pas uniquement occupé par les manuscrits entrants.

Pendant qu’un texte attend une lecture, d’autres livres déjà acceptés sont en cours de travail éditorial, de correction, de fabrication, de publication, de diffusion ou de promotion.

Plusieurs manuscrits sont parallèlement en prélecture, en lecture intégrale ou en discussion.

Certains nécessitent un deuxième avis.

D’autres doivent attendre la prochaine réunion éditoriale.

C’est pour cette raison que nous annonçons aux auteurs un délai global plutôt qu’une date artificiellement précise.

Mais cela ne signifie pas que nous considérons l’attente comme une fatalité.

En interne, chaque étape doit avoir son propre rythme et son propre suivi.

Le délai annoncé à l’auteur doit rester une marge maximale raisonnable, et non devenir une excuse pour qu’un manuscrit puisse rester indéfiniment oublié dans une boîte de réception.

Comment évitez-vous justement qu’un manuscrit soit oublié ?

En refusant de faire de la boîte mail notre mémoire éditoriale.

Chaque dossier possède un statut.

Chaque lecture peut être attribuée.

Les différentes étapes sont datées.

Les versions sont conservées.

Les décisions et les communications doivent pouvoir être retrouvées.

Nous voulons savoir non seulement que le manuscrit LEJ-2026-000XXX est « en cours », mais ce que cela signifie réellement :

a-t-il été vérifié ?

Est-il en prélecture ?

Une lecture intégrale a-t-elle été demandée ?

À qui a-t-elle été confiée ?

Une deuxième lecture est-elle nécessaire ?

Le texte doit-il être présenté en comité ?

L’organisation peut sembler administrative.

Elle poursuit pourtant un objectif profondément éditorial : libérer du temps et de l’attention pour les textes eux-mêmes.

Utilisez-vous l’intelligence artificielle pour examiner les manuscrits ?

Nous distinguons très nettement deux choses : assister un processus et prendre une décision littéraire.

Certaines tâches entourant la lecture peuvent être automatisées ou assistées.

Identifier des données techniques dans un fichier.

Compter son volume.

Repérer la structure générale du document.

Détecter qu’un même texte semble avoir été envoyé deux fois.

Organiser des informations déjà présentes.

Préparer certains éléments facilitant le travail d’un lecteur.

Suivre des délais ou signaler un dossier en attente.

Toutes ces tâches peuvent réduire une charge administrative qui n’apporte rien à la qualité de la décision éditoriale.

En revanche, nous ne souhaitons pas construire un système dans lequel une note générée automatiquement entraînerait un refus.

« Score inférieur à 60 : manuscrit rejeté » n’est pas notre conception de l’édition.

Une machine peut aider à organiser des informations.

Elle peut éventuellement attirer l’attention d’un lecteur sur certains éléments du texte.

Elle ne doit pas décider de la place qu’un manuscrit mérite — ou non — dans un catalogue.

« Une machine peut aider à organiser des informations. Elle ne doit pas décider de la place qu’un manuscrit mérite — ou non — dans un catalogue. »

Claire Montfort

La responsabilité d’un oui comme d’un non reste humaine.

Pourquoi structurer autant le parcours dans une petite maison ?

Justement parce qu’elle est petite.

Une structure limitée ne dispose pas d’un temps illimité.

Elle doit donc éviter deux risques opposés.

Le premier serait de traiter toutes les soumissions superficiellement parce qu’elles sont trop nombreuses.

Le second serait de consacrer une quantité disproportionnée de travail aux premières étapes et de manquer ensuite de temps pour les textes les plus prometteurs.

Nous avons donc choisi une logique progressive :

Réception → vérification → prélecture → lecture intégrale → seconde lecture éventuelle → discussion éditoriale → décision.

À chaque étape, la question devient plus exigeante.

Au début :

pouvons-nous examiner ce texte ?

Puis :

devons-nous le lire intégralement ?

Ensuite :

possède-t-il une véritable force littéraire ?

Enfin :

sommes-nous la maison qui doit en faire un livre ?

Ces questions ne sont pas équivalentes.

C’est précisément pour cette raison qu’elles ne doivent pas être posées toutes en même temps.

Et après un oui ?

À ce moment-là, le manuscrit quitte progressivement le processus de sélection.

Un autre travail commence.

Il faut parler avec l’auteur ou l’autrice.

Comprendre sa relation au texte.

Évaluer les éventuelles réécritures.

Définir ce qui doit être travaillé et, tout aussi important, ce qui ne doit surtout pas l’être.

Puis viennent le contrat, le calendrier éditorial, les corrections, la préparation du texte, la fabrication, les métadonnées, la diffusion, la presse et la publication.

Le fichier envoyé un mardi matin sous le nom romanversionfinale.pdf n’existe déjà plus tout à fait de la même manière.

Il commence à devenir un livre.

Ce que nous devons à un manuscrit

Une maison d’édition ne peut pas promettre de publier un texte parce qu’il lui a été confié.

Elle ne peut même pas promettre que chaque manuscrit recevra plusieurs lectures intégrales.

Elle peut en revanche essayer de construire une procédure qui empêche autant que possible l’arbitraire administratif : fichiers perdus, versions confondues, dossiers oubliés, décisions dont personne ne retrouve l’origine.

Puis vient ce qui ne peut être entièrement normalisé.

Lire.

Hésiter.

Revenir sur une page.

Faire lire à quelqu’un d’autre.

Défendre un texte que l’on sait imparfait.

Ou décider qu’un manuscrit possède des qualités sans que nous soyons pour autant la bonne maison pour lui.

Nous avons choisi d’organiser tout ce qui peut l’être afin de préserver davantage de temps pour cette partie-là.

Parce qu’au bout de la chaîne, malgré les références, les fiches, les statuts et les outils, la décision reste étonnamment simple à formuler.

Est-ce que nous voulons faire de ce texte un livre ?

Soumettre un manuscrit

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